Petits crimes conjugaux

Gilles est victime d’un mystérieux accident. Amnésique, étranger à lui-même, il revient chez lui auprès de Lisa, sa femme depuis quinze ans.

Qui est-il ?

Qui est Lisa ?

Comment vivait leur couple ?

A partir de ce qu’elle lui raconte, il tente de recomposer son existence. Mais si Lisa mentait ?...

Est-il bien tel qu’elle le décrit ? Est-elle seulement sa femme ? Un suspense étonnant sur le couple à la recherche de la vérité. Une comédie noire pleine de surprises où le marivaudage alterne avec la guerre totale.

NOTE DE L'AUTEUR

(Photo : Pascal Ito)

Il existe des milliers de pièces sur l’amour qui commence, des centaines sur l’amour qui finit, mais fort peu sur l’amour qui dure. Il semblerait que le théâtre n’accepte les amants que débutants ou retraités. Les rares exceptions n’incitent guère à l’optimisme car lorsque Feydeau, Strindberg ou Ionesco nous dessinent des conjugalités à long terme, s’il y a toujours couple, il n’y a plus d’amour.

Or, par expérience personnelle, il m’est apparu que le couple stable se révèle le voyage le plus risqué, le plus dangereux qu’on puisse faire en amour. Combien banales paraissent « les aventures » à côté de cette aventure-là ! La conjugalité ajoute deux dimensions que n’ont pas les liaisons brèves : l’absence d’illusion et la souffrance. En trois mois ou en  deux ans, on peut continuer à  ignorer l’autre, à l’embellir ou à négliger ses défauts ; au-delà, la réalité impose la lucidité. Alors que tout reste plaisir et exaltation dans les prémices, les arrangements et compromissions que nécessite l’existence à deux demandent à dépasser la jouissance immédiate et à traverser de longs déserts avant de rejoindre l’oasis.

La crise qui occupe la nuit de Petits Crimes Conjugaux montre le rôle bénéfique de l’échange. À travers des paroles, des ruses, voire des coups, les deux protagonistes recommencent à prendre soin d’eux. Déjà que toute chose se dégrade naturellement, quelle accélération dans la dégringolade lorsque s’y ajoute la négligence… Aussi cruelle soit-elle, ma pièce affirme un réel optimisme : l’amour peut durer. Mais pour que l’amour dure, il faut que les amants le veuillent.  Analyse, bienveillance et réflexion jouent un rôle important dans les histoires sentimentales ; ce n’est pas l’habitude qui peut appuyer la passion mais l’intelligence.

Depuis mon enfance, je me demande, au moment où le rideau tombe sur les jeunes mariés : que va-t-il se passer maintenant ? En achevant Petits Crimes Conjugaux, j’ai eu l’impression d’entrevoir une réponse : et si l’amour commençait une fois qu’on n’est plus amoureux ?


Eric-Emmanuel SCHMITT

NOTE DU METTEUR EN SCENE

(Photo : Celine Nieszawer)

Eric-Emmanuel Schmitt a écrit il y a une douzaine d’années Petits Crimes Conjugaux.

En recréant cette pièce au Théâtre Rive Gauche, je m’interroge sur les multiples lectures qu’elle propose... Le titre seul est une promesse de dangers et de suspense. Petits Crimes Conjugaux...!!! Il porte aussi une pointe d’ironie, comme si la conjugalité offrait la faculté de rendre le crime plus ou moins quantifiable... Jusque-là, je pensais qu’un crime était avant tout un crime. Je découvre avec Eric-Emmanuel Schmitt qu’il y a un nuancier du crime et je découvre aussi que le couple est l’aventure la plus dangereuse qui soit en temps de paix.

Une lecture plus attentive de la pièce me fait apparaître la sensibilité proustienne de l’auteur, son lyrisme claudélien et ce sens du suspense hitchcockien qui tient le spectateur en haleine.

Le sujet de la pièce est le bonheur dans tous ses états.

Voltaire nous recommande de « savoir cultiver son jardin ».

Eric-Emmanuel Schmitt répond qu’il faut savoir cultiver son bonheur...!

Fanny Cottençon et Sam Karmann vont se heurter à cette douloureuse entreprise.

En quinze ans de vie commune qu’est devenu ce bonheur qui semblait les unir ? Et jusqu’où peut-on aller par désespoir de le perdre et que peut-on faire pour le garder vivant ?

Ce questionnement que tout couple jeune ou vieux se pose, se posera ou s’est posé, Eric-Emmanuel Schmitt en fait une pièce haletante...

Petits Crimes Conjugaux est une réflexion philosophique au service d’une émotion permanente. La pensée à fleur de peau.

Fanny Cottençon et Sam Karmann sont des comédiens que je connais bien - nous sommes en confiance - et cette confiance libère le jeu raffiné qu’impose cette comédie dramatique.

 Jean-Luc MOREAU

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